Péremptions et FEFO

Sortir les lots dans l'ordre des dates, et voir venir les dates courtes

En distribution pharmaceutique, l'ordre de sortie des lots ne se discute pas : c'est celui des dates de péremption. On appelle cela le FEFO, pour first expired, first out — le premier périmé sort le premier.

La règle paraît évidente. Elle l'est moins à l'entrepôt, parce que l'ordre d'arrivée des lots n'a aucune raison de suivre celui de leurs dates. Un lot reçu en mars peut périmer après un lot reçu en mai : le fournisseur livre ce qu'il a, pas ce qui arrange la rotation.

Quatre lots reçus, quatre lots sortis

L'ordre de sortie suit les dates de péremption, pas l'ordre de réception Quatre lots sont reçus dans l'ordre 2417, 2431, 2448 et 2455, dont les péremptions tombent respectivement en novembre 2027, avril 2027, septembre 2027 et juin 2027. À la sortie, ils sont servis dans l'ordre des dates : 2431 en avril, 2455 en juin, 2448 en septembre, puis 2417 en novembre. Reçus dans cet ordre lot 2417 périme 11/2027 lot 2431 périme 04/2027 lot 2448 périme 09/2027 lot 2455 périme 06/2027 Sortis dans cet ordre lot 2431 périme 04/2027 lot 2455 périme 06/2027 lot 2448 périme 09/2027 lot 2417 périme 11/2027 Le lot reçu en deuxième sort en premier : c'est le sien qui périme le plus tôt.
Aucun des deux ordres ne se déduit de l'autre. C'est pour cela que le choix du lot ne peut pas être laissé au préparateur : il se calcule, et s'impose au moment du picking.

Dans Odoo, la stratégie de sortie se règle par emplacement et par catégorie de produits. Le lot proposé à la préparation est celui dont la date tombe en premier, et le préparateur n'a pas à le chercher : il lui est désigné.

Les dates courtes, avant qu'il ne soit trop tard

Un lot périmé est une perte sèche : il ne se vend plus, il se détruit, et sa destruction coûte. Or la péremption ne survient jamais par surprise — elle s'annonce des mois à l'avance, à condition que quelqu'un regarde.

Le suivi porte donc sur ce qui approche plutôt que sur ce qui est dépassé :

  • les lots dont la date tombe dans les prochains mois, par seuil paramétrable ;
  • ceux dont la quantité restante ne s'écoulera pas au rythme actuel ;
  • ceux qu'un client refuse parce que leur date est trop proche de son propre seuil ;
  • ceux qui dorment dans un emplacement que la rotation ne touche pas.

Ces alertes ont une utilité précise : elles laissent le temps d'agir — écouler en priorité, proposer le lot à un client dont le seuil l'accepte, ou décider de le sortir. Une alerte qui arrive le jour de la péremption ne sert à rien.

Chaque client a son seuil d'acceptation

Un lot parfaitement valide peut être refusé. Les officines, les groupements et plus encore les acheteurs à l'exportation exigent souvent une durée de vie résiduelle minimale — six mois, douze mois — et renvoient ce qui ne l'atteint pas.

Servir un lot que le client refusera coûte deux fois : le transport aller, le retour, et le lot revient avec une date encore plus courte. Ce seuil doit donc être connu au moment de l'allocation, pas découvert à la réception.

Quand la date est passée

Un lot périmé ne doit plus pouvoir être servi, ni par erreur ni par inattention. Il sort du stock disponible et rejoint un circuit dont la traçabilité est, elle aussi, réglementée : qui a décidé, quand, pour quelle quantité, et avec quelle preuve de destruction.

Parler de votre distribution

Grossiste-répartiteur, dépositaire, distributeur à l'exportation : les contraintes ne sont pas les mêmes, et la première conversation sert à savoir lesquelles vous concernent.