Mesurer la marge

La marge réellement dégagée sur chaque vente, reconstituée à la pièce plutôt qu'estimée.

Dans la plupart des entreprises, la marge est appréhendée de façon agrégée, à partir de moyennes ou de coûts standards. C'est insuffisant pour décider au quotidien.

Un coût moyen lisse ce qu'il faudrait voir : le lot acheté moins cher trois mois plus tôt, la commande passée en urgence chez un fournisseur plus cher, le transport express consenti pour éviter une rupture.

Goodstock rattache chaque ligne de vente aux commandes fournisseur qui ont réellement approvisionné les unités vendues, et recalcule la marge dégagée sur cette vente précise.

Le principe

Premier entré, premier sorti — appliqué à rebours

Le stock s'écoule dans l'ordre où il est entré. En appliquant cette logique aux mouvements enregistrés, on sait de quelle commande provenaient les unités parties tel jour, donc à quel coût elles avaient été acquises.

Prenons un cas simple. Cent unités reçues à 10 €, puis cinquante à 14 €. Les cent premières ventes se font à 10 € de coût, les cinquante suivantes à 14 €. Une moyenne aurait donné 11,33 € partout — jamais faux, jamais juste, et surtout incapable de dire à partir de quand la marge s'est dégradée.

Cent unités à 10 €, puis cinquante à 14 €

Cent unités à 10 €, puis cinquante à 14 € Cent cinquante ventes successives. Le coût réel suit les lots : dix euros sur les cent premières, quatorze sur les cinquante suivantes. Le coût moyen de 11,33 euros surévalue les premières ventes et sous-évalue les dernières. coût réel 10,00 € coût réel 14,00 € coût moyen : 11,33 € marge surestimée sur 100 ventes marge sous-estimée sur 50 ventes ventes 1 à 100 ventes 101 à 150 Jamais faux au total. Faux sur chaque vente — et c'est sur une vente qu'on décide.
  • Unités issues de la première commande
  • Unités issues de la seconde
  • Coût moyen pondéré
Une moyenne lisse précisément ce qu'il fallait voir : le moment où le stock bascule sur une commande plus chère. C'est ce moment-là qui appelle une décision de prix, et lui seul.

Goodstock sait donc en permanence quelle commande est en cours de consommation pour chaque article. C'est ce qui permet, entre autres, de déclencher une alerte au moment exact où le stock bascule sur une commande au coût différent. Voir l'alerte de révision de prix.

D'où viennent les 180 unités en stock aujourd'hui

stock du jour · 180 unités de la réception la plus récente à la plus ancienne

  • 80 unités Commande n° 23 reçue le 12 septembre
  • 60 unités Commande n° 18 reçue le 4 juillet
  • 40 unités Commande n° 12 reçue le 2 mai
Commande Reçue le Unités Prix d'achat Coûts logistiques Coût de revient
Commande n° 23 12 septembre 80 11,20 € 1,45 € 12,65 €
Commande n° 18 4 juillet 60 10,40 € 1,30 € 11,70 €
Commande n° 12 2 mai 40 9,80 € 1,15 € 10,95 €

Au prix de vente de 17,90 €, deux lectures de la même marge

Au coût moyen pondéré 11,96 € sur les 180 unités 33,2 %

La marge qu'on croit faire. Elle mêle des unités achetées il y a cinq mois à celles reçues le mois dernier.

Au coût du lot en cours 12,65 €, reçu le 12 septembre 29,3 %

La marge que dégagent les unités qui partent aujourd'hui. 3,9 points de moins, et c'est ce coût-là qui suivra les prochaines hausses.

Le calcul

Une marge par ligne de facture

La reconstitution ne se fait pas une fois, sur le stock d'aujourd'hui. Elle se refait à la date de chaque vente : pour savoir ce qu'ont coûté les douze unités parties le 28 juin, Goodstock remonte au stock tel qu'il était ce jour-là, et retrouve la commande qui l'alimentait.

Chaque ligne de facture porte donc son propre coût de revient, celui des pièces réellement expédiées, et le taux de marge qui en découle.

Trois ventes du même article, au même prix

Date Vente Qté Prix de vente Commande fournisseur Coût de revient Marge
28 juin Vente n° 12 12 17,90 € Commande n° 12 10,95 € 38,8 %
11 juillet Vente n° 48 8 17,90 € Commande n° 18 11,70 € 34,6 %
21 septembre Vente n° 27 10 17,90 € Commande n° 23 12,65 € 29,3 %
Le prix ne bouge pas. Ce qui change, c'est la commande qui a servi la vente — et près de dix points de marge séparent la première de la dernière.
Le rendement du stock

Combien de marge pour chaque euro immobilisé

Le stock est traditionnellement lu par sa valeur au bilan. C'est une lecture statique, qui dit ce qu'il vaut mais pas ce qu'il rapporte.

Deux références mobilisant chacune 10 000 € n'ont rien de comparable si la première tourne douze fois par an à 20 % de marge — soit 24 000 € de marge annuelle — et la seconde deux fois par an au même taux, soit 4 000 €. À investissement identique, la première rapporte six fois plus.

Le rendement du capital immobilisé en stock ne dépend donc pas du seul taux de marge, mais du produit de la marge par la vitesse de rotation. Goodstock donne les deux termes : le taux de marge se lit ligne de facture par ligne de facture, et la vitesse est ce que mesure l'indice de performance du stock — le nombre de fois où le stock se renouvelle dans l'année, par fournisseur comme par catégorie.

Deux références, 10 000 € chacune, 20 % de marge chacune

Rotation : 12 fois par an 24 000 €

de marge annuelle pour 10 000 € immobilisés.

Rotation : 2 fois par an 4 000 €

de marge annuelle pour les mêmes 10 000 € immobilisés.

Au bilan, ces deux références pèsent le même montant et affichent le même taux. Six fois moins de rendement ne se lit nulle part dans une valeur de stock.
Le coût monte, le prix de vente ne bouge pas

Les alertes de révision de prix

C'est l'érosion la plus discrète qui soit. Elle ne vient pas d'une baisse des prix de vente mais d'une succession de hausses de coût jamais répercutées : un tarif fournisseur qui glisse, des frais de transport qui montent — et par-dessus, un taux de change qui se dégrade.

Goodstock surveille en continu l'évolution du coût de revient déjà acquitté — pas seulement le prix d'achat, mais toutes ses composantes jusqu'au règlement — et déclenche une activité de suivi assignée à un acheteur dès qu'un écart significatif apparaît.

Dix-huit mois sur une référence courante

Dix-huit mois sur une référence courante Le prix de vente reste plat sur dix-huit mois pendant que le coût de revient monte par paliers successifs. La marge, qui représentait un tiers du prix, se réduit à presque rien. prix de vente coût de revient marge : 34 % marge : 7 % tarif initial hausse tarif fret change hausse tarif
Quatre marches, dans l'ordre : une hausse de tarif, le fret, le change, puis une seconde hausse de tarif.

Goodstock surveille ce coût et prévient quand il monte. Pas à chaque centime : au-delà d'un écart que vous fixez, et seulement sur les articles concernés.

L'alerte dit de combien le coût a bougé, et ce que la marge devient au prix de vente actuel. Reste à décider : relever le prix, accepter la marge, ou renégocier. Goodstock ne touche à aucun prix de vente — il signale, vous arbitrez.

La vue d'ensemble

La dérive que nulle alerte individuelle ne signale

Les alertes traitent les écarts un par un. Elles ne voient pas le mouvement d'ensemble : un catalogue dont le taux de marge glisse lentement, produit après produit, sans qu'aucun écart ne dépasse jamais le seuil de déclenchement.

Un graphique de répartition du catalogue selon le taux de marge réellement dégagé répond à cette question-là : la distribution reste-t-elle centrée sur le taux cible que l'entreprise s'est fixé, ou s'en écarte-t-elle progressivement ?

La lecture se décline aussi par famille, par article et par canal de vente — car une même référence ne dégage pas la même marge sur un site propre et sur une place de marché qui prélève sa commission.

Le catalogue réparti par taux de marge, à un an d'intervalle

Le catalogue réparti par taux de marge, à un an d'intervalle Deux distributions du catalogue par tranche de taux de marge. Un an plus tôt, elle était centrée sur la cible de trente pour cent. Aujourd'hui, l'ensemble de la courbe a glissé vers la gauche, sans qu'aucun article n'ait franchi un seuil d'alerte. taux cible : 30 % 0 %10 % 20 %30 % 40 % Aucune référence n'a déclenché d'alerte : c'est le centre de gravité qui a bougé.
  • Il y a un an
  • Aujourd'hui
Les soldes

Calibrer une remise, puis la sortir de l'historique

Une opération de déstockage peut viser plusieurs choses : faire du volume, entretenir une audience, écouler des références à faible rotation ou détenues en excès, libérer la trésorerie qu'elles immobilisent. Chacune se défend, et l'intention vous appartient.

Ce qui ne change pas d'une stratégie à l'autre, c'est la difficulté du curseur. Une remise trop forte détruit plus de valeur que nécessaire ; une remise trop faible prolonge l'immobilisation et finit par coûter davantage. Le calibrage suppose de connaître le coût réel de chaque référence et sa vitesse d'écoulement — ce qui suppose d'avoir reconstitué l'un et mesuré l'autre.

C'est à ce calibrage que Goodstock sert : écouler ce qu'il faut écouler en préservant au maximum la marge. Référence par référence, la remise se pose sur le coût de revient réellement supporté et sur la vitesse d'écoulement constatée, plutôt que sur un pourcentage uniforme appliqué à toute une famille.

Et quelle que soit l'intention, les journées de soldes sont ensuite isolées de l'historique de référence : sans cela, la prévision reconduirait un rythme de vente obtenu à prix cassé.

Encore faut-il savoir ce qui est en excès. Ce n'est pas un jugement : Goodstock part du rythme auquel ce fournisseur est commandé — sa fréquence d'achat, ou son délai d'approvisionnement à défaut — et le multiplie par un coefficient réglé une fois pour toute l'entreprise. Au-delà de ce nombre de jours de couverture, ce qui reste est du surstock.

Un article commandé toutes les six semaines

stock : 420 unités 105 jours de couverture, à 4 ventes par jour

  • sous le seuil 256 unités 64 jours de couverture
  • au-delà 164 en surstock 41 jours de trop

Le seuil : 42 jours entre deux commandes chez ce fournisseur × 1,5 = 64 jours. Le coefficient se règle pour toute l'entreprise ; il vaut 1,5 par défaut.

Voir Goodstock en fonctionnement

Une heure : l'outil tourne devant vous sur un catalogue de démonstration, ruptures et saisonnalité comprises, puis nous le confrontons à votre situation.

Pas sûr d'en avoir besoin ? Trente questions, trois minutes, et un score sur 90 vous le dit.

Faire le diagnostic

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